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5 - A fleur de peau


La gamme du temps

Comme une goutte de rosée
Vient rafra√ģchir la fleur repos√©e,
Au matin du premier jour,
La terre vous dit "bonjour".
L'air est doux,
Entendez-vous comme une fl√Ľte hindoue ?
Mais la musique se repose,
La réveiller, l'on ose.
Elle a trouvé son lac,
Survolé d'oiseaux de laque,
Couleurs d'une Chine
Qui courbe l'échine.
Certains gros volatiles
Lancent des cris volubiles.
Ponctuations qui transpercent
Ce calme avant l'averse.
Les premières gouttes de pluie,
Comme quelqu'un qui s'ennuie,
Tapotent en cadence,
Les feuilles qui dansent.
La poussière se soulève,
Les arbres s'agitent.
S'effritent les marguerites.
Le vent pousse la nature,
Transforme son architecture.
L'orage enfin éclate,
Et, tel une baratte,
Secoue les éléments
Indéfiniment.
Comme un orchestre qui s'emballe,
Pour affoler le bal,
Les feuilles par milliers,
Antiques cymbaliers,
Bruissent,
Crissent,
S'excitent,
pour tout dire...ressuscitent.
La pluie, en trombe
Tombe.
Les éclairs cisaillent le ciel,
Peinture cicatriciel !.
Au-dessus de la grange,
Le tonnerre tonne, là, ou tout se range !
Son bruit sonne !
Le chemin ruisselle de boue,
A ne pas y supporter une roue.
Puis, d'un seul coup,
Tout s'arr√™te : œuvre d'un grand Manitou ?
Silence,
On pense...
Le soir descend,
Les étoiles, par cent,
En ellipses
Annoncent la fin de cette apocalypse.
Comme un oiseau blessé
Ne pouvant s'envoler,
L'homme, s'en va, sans contr√īler
Ses peines, sur les chemins, laissées.