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5 - A fleur de peau


Racines

Qu'ils sont beaux tous ces gros arbres de nos forêts,
Hiver, été, on ne se lasse pas de les voir;
Comme pour les écouter dans leurs chants du soir,
Quand les lapins sautent par dessus les guérets.

Dans toute sa majesté et vrai splendeur,
Dans la tourmente comme en l'absence de vent,
Le chêne, dans son domaine... pousse en parlant,
En silence, grand timide, plein de pudeur.

C'est l'hiver surtout, qu'il appara√ģt tel qu'il est:
Solide, présent, défiant le temps et les ans,
Qui l'ont sculpté, voilier de bois, sans océan,
Œuvre d'art unique, m√©ritant le respect.

Pourtant ce tronc massif et ces noueuses branches,
Parties visibles de cet iceberg de bois,
Ne sont pas suffisants pour qu'il vive et flamboie:
Dans le sol nourricier, ses racines s'épanchent.

Et, il en est des hommes comme des arbres:
Privés de leurs racines, comme de sève,
Ils leur manquent l'essentiel, dans cette vie, brève,
Si l'on ne veut pas rester, statue de marbre.

Il faut avec courage, plonger dans le passé,
Pour savoir d'o√Ļ l'on vient, et comment, et pourquoi.
Il faut aussi s'enraciner dans le présent,
Pour savoir ou l'on va, sans arrière-pensée.

Dans le monde de bruit, ou l'on ne s'entend plus,
Trouvons des repères et des points d'insertion.
Le monde est un immense chantier... d'émotions,
Chacun peut s'engager, a sa mesure, sans plus !

Prenons le temps de dialoguer, d'être à l'écoute;
Quelqu'un a besoin de se dire, d'être entendu.
Soyons là ou le vide s'installe, assidu.
Réinventons la vie, chêne qui s'arc-boute!