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11 - Entre ciel et terre


Plaisirs de vieilliesse

En vieillissant, baisse le nombre de plaisirs,
Chacun devient plus précieux et plus total.
Des autres âges, certainement plus "mental",
Plus simple, mais plus dense même sans prouesse.

Plaisirs subtils, légers mais parfois enivrant,
Ainsi que des essences rares de parfums.
Plaisirs de la vie quotidienne et communs,
Faits par elle, mûris dans le creuset du temps.

Ces miracles d'un instant sont sources de joie;
Plaisir d'être assis dans un fauteuil et de voir,
Par la fenêtre, chaque jour, matins et soirs,
Se dérouler la course du soleil qui décroît.

Il vient doucement, lécher le rebord des pierres;
Inonder d'un seul coup, le jardin qui fait face,
Annonçant l'ombre grise, comme une préface,
A l'heure où chaque soir, on ferme les paupières.

Il va falloir éclairer, fermer les volets,
Mettre la table, enfin préparer le repas.
Le soir arrive, coulant dans le coeur qui bat,
Heure délicieuse, temps du chapelet.

Etre vivant, lorsque l'on est devenu vieux,
C'est attendre avec impatience... mais quiétude,
De voir, refleurir les fleurs comme d'habitude,
Ou sur les arbres, guetter les bourgeons précieux.

C'est aussi, voir avec nostalgie les saisons;
Printemps, été, puis automne annonçant l'hiver,
Peut-être le dernier passé sur cette terre,
Sans pour cela que l'on ternisse l'horizon.

C'est poser un nouveau regard sur chaque chose,
Trouver dans la mémoire une note nouvelle,
Tisser une dernière prière, immortelle,
Pour, qu'avec les êtres aimés, l'on se repose.