Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche




20 - Entre les rives


Souvenirs du futur

Dans les herbes, les usines oubliées,
Marquent un passé qui reste familier !
Tout est calme, aucun bruit de ces machines,
Car les mains des hommes sont orphelines !

Pourtant, un fervent soleil égratigne,
Des barres métalliques, qui sont signes
D'ateliers existants avant la guerre,
Et qui, sans vie, s'enfoncent dans la terre.

Quelques cendres, au creux des herbes folles,
Qui, balancées par le vent, se décollent.
Ces tas, ces buissons seront des collines,
Pour des voies éteintes qui se dessinent.

Si les guerres emportent les paroles,
Reste aux creux des ventres la parabole
D'espérance pouvant sortir du sable,
Pour prendre racine à toutes nos tables.

Il faut mourir pour rena√ģtre et savoir !
Franchir le fleuve et soulever les pierres...
Extirper le mal noir, qui s'y endort,
Redonner un visage humain...sans or !

Il faudra réapprendre la patience !
Et remonter loin dans notre conscience,
Pour éteindre les anciens incendies,
Qui couvent encore avec perfidie !

Ouvrons tous, nos portes au vent du large,
Sur la voie de la vie, lançons nos barges.
Nous avons, sans cris, assez attendu,
Dans l'immensité du temps suspendu.

Nous rêvons d'accéder à l'autre rive,
Pour que nos projets lentement s'écrivent,
Loin des brumes, avec une douceur,
Pour √™tre enfin de nouveaux b√Ętisseurs.

Je veux pouvoir vous offrir ce projet,
Mais ce n'est qu'un minuscule objet;
Mais, que faut-il au milieu d'un orage,
O√Ļ flottent des vaisseaux sans √©quipages ?

Dans un bruit de pierres, ressort l'amour !
Aux champs des douleurs, traçant leurs contours,
Rejetant fièvre et migraine du temps,
Ouvrant les portes à de nouveaux printemps.