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20 - Entre les rives


RUE ANONYME

(Ă  partir d'un recueil de Jean Debruyne )

La rue fait passer dans son sillage,
L’un après l’autre, tous les visages.
Elle passe le jour comme la nuit.
C’est un fleuve qui roule et s’enfuit.

Les passants, eux, comme passagers,
V ers un but, ils vont se diriger !
Mais, vraisemblablement pas le mĂŞme,
Car ils se croisent, tristes et blĂŞmes.

La rue vous conduit dans l’inconnu,
Remplit d’odeurs souvent méconnues.
Elle va, se changeant selon les heures,
Poursuivant sans doute le bonheur.

Passant d’une bouffée de friture,
Au pain exposé en devanture,
Car si le blé pousse en pleine terre,
Le bon pain, lui, dans la rue se flaire.

La rue sait mélanger les cultures !
Pour nous emmener en aventures
MĂŞlant, rĂŞves, langues et accents,
Couleur de peau… peuples différents.

Cette marée humaine du monde,
Portée par ces trottoirs qu’elle inonde,
Plages léchées comme par des vagues,
Vrais rubans colorés qui " divaguent ".

Les souvenirs traînent sur le sol,
Poussés par des pieds en course folle,
Le ciel s'infiltre dans chaque rue,
Sans effets sur ces passants bourrus.

Ils marchent sous "ouvrir" leur visage !
Sans sourire, enfermés dans leur cage,
Ne portant sur eux que leur "mal-vivre,
Titubant comme des pantins ivres.

Le soleil se cache, il va pleuvoir !
Les gouttent dansent leur répertoire !
La rue devient une cathédrale ;
Il ne manque plus qu'une choral !

Pourtant la rue semble se vider,
L'eau glissant sur les pavés rodés.
Des morceaux de ciel sont dans les yeux
Des jeunes gens qui passent joyeux.