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14 - Portes ouvertes


Pierres seches du Quercy

Cayrous, murettes, gariottes et cazelles,
Tous ces noms poétiques, chauds comme les pierres
Qui constituent leur matériau de "citadelle"
Bien modestes constructions où coure le lierre.

Mais ces "cabanes" en pierres sèches du Lot
Nées de la terre, par le travail des charrues,
Leur soc, défonçant en plus grosses mottes,
Ramenant en surface des déblais, lourds et durs.

Les causses du Nord, surtout celui de Gramat,
Sont riches d'édifices, carrés, circulaires,
Au toit conique, montrant de nombreux formats,
En fonction souvent d'un passé utilitaire.

Les paysans, entre dix huit cent, dix neuf cent,
Ne pouvaient transporter au loin, ces tas de pierres
D'ou le dépôt, en vrac pour cayrous naissants,
Ou pour des murettes en bordures routières.

La gariotte idéale pour voir le troupeau,
Guérite-abri, sans huisserie, pour les bergers,
A une murette ou un cayrou, "chapeau",
Construction en creux, avec siège aménagé.

La cazelle est une construction à part entière,
Espace abrité avec murs et couvrement,
Dotée d'un linteau et porte accrochée aux pierres,
Souvent indépendant des autres éléments.

Toutes ces pierres sèches, "fixent" le regard,
Dès que l'on entre sur les routes du Quercy.
Signes de reconnaissance, un peu "étendard",
Coupant les prés en diverses superficies.

Pour entrer en diapason avec la nature,
Et pouvoir en goûter tout le charme embaumeur,
Il faut avant tout abandonner la voiture
Et, à pieds, plonger dans un chemin sans rumeur.

Ce sentier de terre, souple aux pas de chacun,
Est bordée de ces murettes parfois moussues ;
Des arbustes tordus nous jettent leurs parfums,
Chêvrefeuille ou muriers épineux et touffus.

Lorsque le soleil a la bonté de chauffer,
Des papillons multicolores nous escortent,
Semblant nous tirer vers leur domaine nymphée !
Silence poétique ou l'on trouve leur porte…

Des chênes des causses dressent leurs bras tordus.
De beaux lézards gris glissent sur les pierres blanches,
Un vieux passage à niveau, toujours descendu,
Protège des rails où l'herbe prend sa revanche.

Les trains doivent rarement passer en ce lieu…
…Mais il se fait tard, et dans le ciel une buse
Cherche une dernière proie…son vol est gracieux..
Laissons cet endroit merveilleux où elle ruse.
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